J'ai participé à une sortie du club écologique de Pataz à la laguna (lac) de Chigualén. Cette sortie a eu lieu le WE du 20 au
22 juillet.
Le club est celui du collège de Pataz. 23 élèves et un prof participaient à cette sortie (au lieu des 15 prévus au départ : d’où
quelques problèmes d’organisation par la suite…). On a quitté Pataz vers 14h le vendredi : les élèves, en combi (minibus de 15 places), moi avec Michel, le biologiste de Pataz, en moto. On
avait quelque chose comme 30 minutes de route avant le point de rendez-vous. Gros soleil, temps
superbe.
Vers 14h45, Dany, un des guardaparque (GP) du PC Chigualén, est arrivé, menant 4 mules. Les gosses sont descendus du combi. D’autres sont
arrivés sur les montures de leur famille (chevaux et mules). D’autres mules attendaient les élèves un peu plus loin sur la route. Dès leur arrivée, les filles ont commencé à dire qu’il leur
fallait absolument une mule… C’était marrant, elles sont parties pour une sortie terrain et les ¾ sont habillées comme pour une soirée chic… Décidément, les petites jeunes sont partout les
mêmes ! Les élèves apportaient la nourriture pour 3 jours : pain, riz, pate, thon et… 3 poulets vivants !!! et oui, pas de glaciaire ici ! ça m’a fait marrer de voir cette
bouffe sur pattes !
Bref, une mule était réservée pour le prof, une autre pour la nièce de Dany (malade, à ce que j’ai compris), une pour les bagages, et
une pour moi !!!! Génial, ma première montée sur une mule !!! C’est super comme animal : calme, placide,
stable, pas trop remuant, gentil. Dany menait ma mule pour plus de sécurité… Et oui, les GP me couvent. Faudra pas que ça dure trop longtemps non plus…
Et nous voilà parti pour 4 heures de
montée : de 2500 m, nous allons à 3700 m. Le chemin serpente sur les flancs des montagnes, large de 2-3m (au mieux !). Les gosses se sont répartis (plus ou moins bien) les 8
autres mules et chevaux à disposition. Certains montent à 2, ils sont légers (une mule supporte très bien 80 kg, et peut porter jusqu’à 100kg). En chemin, Dany récupère 2 chevaux. En chemin
aussi, on est passés devant un petit pueblo, Los Alisos. Dany et moi fermions la marche : on en a profité pour prendre une bière ici ! Enfin, il a presque tout bu vu que la bière, c’est
pas franchement mon alcool préféré. On repart : en fait, les autres avaient aussi fait une petite pause plus haut. Ah oui, je repars à pied, la mule, ça m’a défoncé les genoux : les
étriers étaient mal adaptés. Sur la route, les gosses avaient apporté leur baladeur, leur portable, et une, sa peluche ! Les filles semblaient ébahie qu’en France on ne connaisse pas le
« reggaeton » (je crois que ça s’écrit comme ça…). Visiblement, c’est connu en Italie, en Espagne. Elles ont voulu que je chante une chanson française… Ben voyons…on verra plus
tard.
Ces gosses appartenaient au club écologique, c’est à dire que ce sont les habitants de la région les plus au courant de l’importance de
protéger leur environnement… Et bien ça ne les a pas empêché de jeter leurs papiers de gâteaux dans la nature… C’est dire s’il y a des choses à faire ici en éducation environnementale !
Pourtant, quand on les interroge, ils disent tous qu’il faut nettoyer la nature des déchets… Enfin, ils ont pas compris que le mieux, c’est de ne pas la salir.
Au bout de 2h de marche en montée, je commence à franchement fatiguer. Une fille a pitié et me prête son cheval. Un superbe cheval noir… Je suis un peu dégoûtée de n’avoir pas de photo ! Enfin, ma première fois en
cheval : trop bien aussi, quoique plus remuant que la mule, donc moins terrible pour les chemins à flancs de montagne. Mais les étriers sont à ma taille. Tout c’est bien passé. On est arrivé
vers 17h30 au PC, la nuit commençait à tomber. Il faisait bien bien froid aussi, mais il n’y a pas un brin de neige ou glace ici, à peine un peu de givre le matin par terre. Le paysage y est
magnifique : le poste est encadré par des montagnes couvertes de végétation rase et arbustive…
Vite, tous les GP (Dany, Abel y Jhon) se sont occupés des montures. Les gosses se sont répartis les lits du dortoir (2 par lits, faut
optimiser la place : pour ça, ils sont vraiment pas chiants, ils partagent assez facilement). Moi, je suis allée mettre mes affaires dans le dortoir des GP : 2 lits pour 4 GP (et oui au
fait, mon statut ici est GP volontaire !). Je fais la connaissance de nouveaux gens du parc, ils sont sympas. De toute façon ; ici ; à part la chef, tout le monde est cool. Les
filles ont préparé le repas du soir : soupe de pâtes et patates, avec un café. Ensuite, au lit ! Les GP me laissent un lit, Dany dort par terre… Merci les gars !
La nuit…
2h du mat : une des filles est malade, Abel lui porte un truc
4h du mat : des filles tapent à la porte, elles veulent la clé de la cuisine pour aller préparer à manger ! Loquitas ! Je sais
pas trop ce que font les autres GP par rapport à ça, mais après ils se recouchent… Pas de chance, jusqu’à 6h, elles ont chanté, dansé, crié à côté de notre chambre…
Réveil difficile pour les GP ! Et en plus le p’tit déj est pas près ! On commence à manger à 8h : de la truite sauvage (espèce
exotique à éradiquer ici ! tant mieux !) avec des frites, un café et du pain. Hum, muy rico !
9h : départ pour la laguna. Le prof divise les élèves en petits groupes, ils auront chacun un travail à faire, ainsi qu’un calendrier
pour tout le club. Du coup, ils prennent pleins de photos (d’où l’importance fondamentale des pantalons blancs et des petits hauts class pour les filles)... A la fin, j’en pouvais plus de poser
et j’ai supplié : « no por favor... » et elles m’ont laissé... ouf !
13h : repas : une boite de thon et 5
tucs... Mais ça cale quand même
Retour au PC à 14h : je suis sur les rotules... 3 heures de marche à environ 4000 m d’altitude, ça crève... J’ai fait un mini malaise à
cause du manque d’oxygène, mais rien de grave, c’est vite passé. Du coup, en rentrant, sieste.
15h30 : enquêtes pour tester les connaissances des élèves (mon travail ici)
17h30 : repas
19h : fogata = feu de camp, sympa, tous autour du feu... mais pas de chants ni de
contes, des gosses sautent par dessus le feu, on est tous hypnotisés par les flammes... En plus, il y a un vent de malade, les gosses sont près du feu. En France, on n’aurait jamais permis ça,
mais ici, ni le prof, ni les GP n’ont rin dit, si ce n’est un petit « pas trop près du feu, chicos ». Il faisait hyper nuit. C’est magnifique, le nombre d’étoiles qu’on voit, la voie
lactée, ... J’ai vu 2 étoiles filantes (« cometes ») en 5 minutes ! Après avoir bu du leche (lait chaud + sucre brûlé + herbes + eau de vie : c’est pas très fort, mais très abrigante, parfait pour le froid) et de la chicha (bière de maïs), on est allé se coucher... (au fait, selon la chef, l’alcool est interdit dans les PC… chut !). Je regarde l’heure : 20h30 !!!
Parfait, de toute façon, je suis crevée... Ici, vu qu’il fait nuit à 18h, en général, je dors à 21h... Je rattrape le retard de la FIF (en moyenne, je fais mes 9h de sommeil par
nuit !).
Le lendemain, retour à Pataz : en mule du début à la fin pour moi (et à ma taille en plus). Et la fin, je la menais seule ! Michel
est venu me chercher en moto. Puis, avec les autres GP, on est allé mangé de la truite grillée au resto de la famille de Dany... Hummmmm muy muy muy rico, personne ne parlait pendant le repas !
Voilà mon super WE
(sachant que cela compte comme un jour de travail). Je retourne au poste dès le 25 pour une semaine de
patrouilles (voir les zones brûlées, camper dans la Pampa, ...).