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Mercredi 18 juillet 2007
Tout d’abord : le grand Paul ROUVEYROL, méga star internationale ! A peine arrivé à Pias, Paul s’est rendu célèbre par sa puissance au volley… Mesurant environ 50 cm de plus que les adversaires, il les a fortement impressionnées… (bon, ça nous a pas empêché de perdre contre l’équipe féminine de Pias, composée de femmes de 15 à 50 ans, 1m 40 en moyenne) Au cours de cette première prise de contact avec les populations locales, il s’est aussitôt crée un fan-club parmi les 7-8 ans. Un jour que nous étions en train de bosser dans le bureau du parc, une petite fille a passé la tête, toute timide, en appelant Paul… Quelle ne fut pas sa déception en apprenant que son idole n’était pas là… Niveau musique, Paul déchire encore tout ici. Flûtes en main, il a eu tôt fait de se créer un groupe de fervents admirateurs parmi les adultes. La musique étant une institution ici, Paul s’intègre à merveille dans le milieu péruvien (bon, sauf au niveau de la taille : pour l’instant, on n’a pas vu un seul péruvien plus grand, ni de la même taille que Paul).

 

Ensuite, il y a Benoît, pote de prépa de Paul, de l’ENSAT. Grand fan de rando, escalade, footing, sport… Malgré lui, français préféré de la chef du Parc : « ¡ que lindo ! »… Il a eu la chance de voir un condor dans un poste de contrôle (Quinuapampa) !

 

Puis, toujours de l’ENSAT, Cécile. Joueuse de violon, alto, guitare, et autres trucs à corde, elle a, à l’image de Paul, rapidement conquis le public masculin de Pias et Pataz. Si certains se souviennent, c’était la bassiste de l’ENSAT aux IA. Adore faire des grimaces sur les photos… Et les péruviens adorent poser sur les photos (pas que les enfants, aussi les adultes)…

Et  pour finir, voici une magnifique photo de Pias :

                        

Par Laure
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Mardi 24 juillet 2007

Il n'y a pas beaucoup de professions différentes dans la zone : éleveur agriculteur, mineur, commerçant, docteur, professeur (et GP). Mais il y a de grandes inégalités de qualité de vie. DSCN2363.JPG

Sur cette photo, les 3 de gauche sont de la même famille.
                     

Aucun ne va à l’école, et, depuis un mois, la plus grande travaille à Retamas (charmante bourgade minière où, le soir, fleurissent les putes et les bastons de mineurs bourrés – bref, un lieu pour une gamine de 13 ans…) pour amener de l’argent à sa famille. Ces enfants n’ont plus de père. Ils font difficilement 2 repas par jours (à base de riz).

La petite à côté à plus de chance, sa famille a de l’argent. Elle va à l’école, elle mange correctement.

Enfin, ça ne les empêche pas de jouer ensemble, ni d’être joyeux (le petit garçon a toujours le sourire). Mais ça fait mal au cœur de voir que certains partent dans la vie avec un sérieux handicap, et que ça va être très dur pour eux de se sortir de cette merde.

D’un autre côté, il y a ceux qui s’en sorte pas trop mal, et qui le montrent bien aux autres (exple : les docteurs de Pías)… ça fait très mafioso, non ?

  DSCN2841.JPG














Et encore à côté, il y a beaucoup de gens habillés traditionnellement. C’est marrant de voir ces contrastes ! Le moderne et le traditionnel.

  DSCN2845.JPG

















Sinon, on a assisté à la préparation du moté de trigo (en gros, préparation du blé pour être mangé bouilli (genre Ebly)). Ils brassent (enfin, elles) le blé avec de l’eau terreuse pour enlever le son. Puis, ils rincent beaucoup jusqu’à enlever environ toute la terre… Appétissant, non ? On en a gouté. C’est du blé normal, mais parfois ça craque sous la dent… Etrange…

      DSCN2606.JPG                       


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Mercredi 25 juillet 2007
J'ai participé à une sortie du club écologique de Pataz à la laguna (lac) de Chigualén. Cette sortie a eu lieu le WE du 20 au 22 juillet.

Le club est celui du collège de Pataz. 23 élèves et un prof participaient à cette sortie (au lieu des 15 prévus au départ : d’où quelques problèmes d’organisation par la suite…). On a quitté Pataz vers 14h le vendredi : les élèves, en combi (minibus de 15 places), moi avec Michel, le biologiste de Pataz, en moto. On avait quelque chose comme 30 minutes de route avant le point de rendez-vous. Gros soleil, temps superbe.

Vers 14h45, Dany, un des guardaparque (GP) du PC Chigualén, est arrivé, menant 4 mules. Les gosses sont descendus du combi. D’autres sont arrivés sur les montures de leur famille (chevaux et mules). D’autres mules attendaient les élèves un peu plus loin sur la route. Dès leur arrivée, les filles ont commencé à dire qu’il leur fallait absolument une mule… C’était marrant, elles sont parties pour une sortie terrain et les ¾ sont habillées comme pour une soirée chic… Décidément, les petites jeunes sont partout les mêmes ! Les élèves apportaient la nourriture pour 3 jours : pain, riz, pate, thon et… 3 poulets vivants !!! et oui, pas de glaciaire ici ! ça m’a fait marrer de voir cette bouffe sur pattes !

Bref, une mule était réservée pour le prof, une autre pour la nièce de Dany (malade, à ce que j’ai compris), une pour les bagages, et une pour moi !!!! Génial, ma première montée sur une mule !!! C’est super comme animal : calme, placide, stable, pas trop remuant, gentil. Dany menait ma mule pour plus de sécurité… Et oui, les GP me couvent. Faudra pas que ça dure trop longtemps non plus…

 

Et nous voilà parti pour 4 heures de montée : de 2500 m, nous allons à 3700 m. Le chemin serpente sur les flancs des montagnes, large de 2-3m (au mieux !). Les gosses se sont répartis (plus ou moins bien) les 8 autres mules et chevaux à disposition. Certains montent à 2, ils sont légers (une mule supporte très bien 80 kg, et peut porter jusqu’à 100kg). En chemin, Dany récupère 2 chevaux. En chemin aussi, on est passés devant un petit pueblo, Los Alisos. Dany et moi fermions la marche : on en a profité pour prendre une bière ici ! Enfin, il a presque tout bu vu que la bière, c’est pas franchement mon alcool préféré. On repart : en fait, les autres avaient aussi fait une petite pause plus haut. Ah oui, je repars à pied, la mule, ça m’a défoncé les genoux : les étriers étaient mal adaptés. Sur la route, les gosses avaient apporté leur baladeur, leur portable, et une, sa peluche ! Les filles semblaient ébahie qu’en France on ne connaisse pas le « reggaeton » (je crois que ça s’écrit comme ça…). Visiblement, c’est connu en Italie, en Espagne. Elles ont voulu que je chante une chanson française… Ben voyons…on verra plus tard.

Ces gosses appartenaient au club écologique, c’est à dire que ce sont les habitants de la région les plus au courant de l’importance de protéger leur environnement… Et bien ça ne les a pas empêché de jeter leurs papiers de gâteaux dans la nature… C’est dire s’il y a des choses à faire ici en éducation environnementale ! Pourtant, quand on les interroge, ils disent tous qu’il faut nettoyer la nature des déchets… Enfin, ils ont pas compris que le mieux, c’est de ne pas la salir.

 

Au bout de 2h de marche en montée, je commence à franchement fatiguer. Une fille a pitié et me prête son cheval. Un superbe cheval noir… Je suis un peu dégoûtée de n’avoir pas de photo ! Enfin, ma première fois en cheval : trop bien aussi, quoique plus remuant que la mule, donc moins terrible pour les chemins à flancs de montagne. Mais les étriers sont à ma taille. Tout c’est bien passé. On est arrivé vers 17h30 au PC, la nuit commençait à tomber. Il faisait bien bien froid aussi, mais il n’y a pas un brin de neige ou glace ici, à peine un peu de givre le matin par terre. Le paysage y est magnifique : le poste est encadré par des montagnes couvertes de végétation rase et arbustive…

Vite, tous les GP (Dany, Abel y Jhon) se sont occupés des montures. Les gosses se sont répartis les lits du dortoir (2 par lits, faut optimiser la place : pour ça, ils sont vraiment pas chiants, ils partagent assez facilement). Moi, je suis allée mettre mes affaires dans le dortoir des GP : 2 lits pour 4 GP (et oui au fait, mon statut ici est GP volontaire !). Je fais la connaissance de nouveaux gens du parc, ils sont sympas. De toute façon ; ici ; à part la chef, tout le monde est cool. Les filles ont préparé le repas du soir : soupe de pâtes et patates, avec un café. Ensuite, au lit ! Les GP me laissent un lit, Dany dort par terre… Merci les gars !

La nuit…

2h du mat : une des filles est malade, Abel lui porte un truc

4h du mat : des filles tapent à la porte, elles veulent la clé de la cuisine pour aller préparer à manger ! Loquitas ! Je sais pas trop ce que font les autres GP par rapport à ça, mais après ils se recouchent… Pas de chance, jusqu’à 6h, elles ont chanté, dansé, crié à côté de notre chambre…

Réveil difficile pour les GP ! Et en plus le p’tit déj est pas près ! On commence à manger à 8h : de la truite sauvage (espèce exotique à éradiquer ici ! tant mieux !) avec des frites, un café et du pain. Hum, muy rico !

 

9h : départ pour la laguna. Le prof divise les élèves en petits groupes, ils auront chacun un travail à faire, ainsi qu’un calendrier pour tout le club. Du coup, ils prennent pleins de photos (d’où l’importance fondamentale des pantalons blancs et des petits hauts class pour les filles)... A la fin, j’en pouvais plus de poser et j’ai supplié : « no por favor... » et elles m’ont laissé... ouf !

13h : repas : une boite de thon et 5 tucs... Mais ça cale quand même

Retour au PC à 14h : je suis sur les rotules... 3 heures de marche à environ 4000 m d’altitude, ça crève... J’ai fait un mini malaise à cause du manque d’oxygène, mais rien de grave, c’est vite passé. Du coup, en rentrant, sieste.

15h30 : enquêtes pour tester les connaissances des élèves (mon travail ici)

17h30 : repas

19h : fogata = feu de camp, sympa, tous autour du feu... mais pas de chants ni de contes, des gosses sautent par dessus le feu, on est tous hypnotisés par les flammes... En plus, il y a un vent de malade, les gosses sont près du feu. En France, on n’aurait jamais permis ça, mais ici, ni le prof, ni les GP n’ont rin dit, si ce n’est un petit « pas trop près du feu, chicos ». Il faisait hyper nuit. C’est magnifique, le nombre d’étoiles qu’on voit, la voie lactée, ... J’ai vu 2 étoiles filantes (« cometes ») en 5 minutes ! Après avoir bu du leche (lait chaud + sucre brûlé + herbes + eau de vie : c’est pas très fort, mais très abrigante, parfait pour le froid) et de la chicha (bière de maïs), on est allé se coucher... (au fait, selon la chef, l’alcool est interdit dans les PC… chut !). Je regarde l’heure : 20h30 !!! Parfait, de toute façon, je suis crevée... Ici, vu qu’il fait nuit à 18h, en général, je dors à 21h... Je rattrape le retard de la FIF (en moyenne, je fais mes 9h de sommeil par nuit !).

 

Le lendemain, retour à Pataz : en mule du début à la fin pour moi (et à ma taille en plus). Et la fin, je la menais seule ! Michel est venu me chercher en moto. Puis, avec les autres GP, on est allé mangé de la truite grillée au resto de la famille de Dany... Hummmmm muy muy muy rico, personne ne parlait pendant le repas !

 

            Voilà mon super WE (sachant que cela compte comme un jour de travail). Je retourne au poste dès le 25 pour une semaine de patrouilles (voir les zones brûlées, camper dans la Pampa, ...).

Par Laure
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Mercredi 25 juillet 2007
Première visite près du parc... Et ben je n'est pas vu un seul ours, ni singe (normal, vu qu'ils restent dans le Parc...).

Malgré tout, il y a des tas de choses à voir, à en rendre jaloux Cluster et Pierre !

Au niveau des piafs, il y a ici
des dizaines de colibris différents. Ici, il y a les deux, mais les plus courants sont les picaflores, dont je ne connait pas les points de différence avec les colibris. Ce sont de petits oiseaux, très rapides, qui volètent de fleur en fleur. J'en ai vu des bleu-nuit, des verts, des rouges, des multicolores... Il y a aussi des oiseaux des montagnes : aigles, condors...
Au niveau de la faune, en dehors des mules, des vaches et taureaux, des cuyes et autres animaux de basse-cours, il n'y a rien... Il faut aller plus loin dans le parc... Je vous dirai la semine prochaine

Pour la flore, c'est génial ! Jusqu'à 3000m, on trouve des
plantes méditerranéennes ! cebolla-de-gallina.jpg Juré ! Des aloës, pittosporum, laurier thym, ... Et des orchidées magnifiques, rouges, roses, jaunes (d'ailleurs, un GP m'a fait cadeau d'une orchidée : en gros, il me la cueillie... Super, très écologique... Mais j'ai gagné une orchidée pour mon herbier), des grandes, des petites, des parasites... Et des fougères à crever, non dentées, poilues... Et des arbustes et plantes velues, coriaces, de milieu très sec, partout, partout ! (je n'ai pas encore les noms, mais ça viendra). En fait, au niveau de la flore, il manque les arbres : aucun pins, sapins, que des eucalyptus plantés par les mineurs (bois de chauffe, bois de construction), quelques rares cèdres... 

Au niveau du climat, il fait
super chaud (30º), pas un brin de neige, même à 4000m d'altitude. A 3700 m, il fait froid à partir de 17h, mais même le matin, il n'y a pas de glace, à peine un peu de givre sur l'herbe, qui part dès les premiers rayons du soleil. Et le lac d'altitude de Chigualén, vers 4000m, est à 15ºC !!!! Véridique !!!

Du coup, j'aurais quand même droit à mon été cette année, il y a même des espèces d'insectes apparentés aux cigales !
Par Laure
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Mercredi 25 juillet 2007
Aujourd'hui, internet fonctionne un peu  meiux que d'hab : voici qq photos (qualité pas terrible, dsl...)

lagune-1.jpg  La laguna de Chigualén, 3900 m d'altitude

là, c moi à la laguna !

PC-Chigualen.jpg
















                            Et là, les mules devant le PC de Chigualén  
                            (super moyen de transport !)
Par Laure
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